Projet Coeur de ville à Sèvres

La réunion  du 22 novembre sur l’urbanisme du cœur de ville, menée par les urbanistes et le maire, réunit un vaste public dans une ambiance sereine. Sur l’échelle de participation citoyenne de S. Arnstein à 8 niveaux, la concertation se situe entre 3 et 4, net progrès par rapport à la municipalité précédente qui ne dépassait pas le niveau 1. Pour autant, on ne peut pas encore parler de co-construction du projet avec les habitants et les institutions concernés.
Les organisateurs focalisent les débats sur la forme urbaine, le fonctionnement étant juste effleuré. Il reste à approfondir les attentes sur un centre « animé et vivant », notion  variant selon les groupes sociaux et les âges.


Du flou subsiste sur la faisabilité institutionnelle. Sur la localisation du commissariat, quels sont la position du Ministère, les attentes de ses services locaux, et leur souhait de rester sur le site ? Pour le marché, démolir le bunker actuel conduit à réinstaller la moitié des commerçants  dans un nouveau local, et l’autre moitié en plein air. Ce point n’a pas soulevé de question, c’est peut-être le fruit d’une concertation préalable, mais confirmer l’adhésion  des commerçants au projet est nécessaire.


Le débat sur la forme des espaces se focalise sur un plot de quatre logements, ce qui désempare leurs habitants. La suppression du Carrefour-bio dans un bâti complexe nécessite en revanche d’engager sans tarder la négociation avec le propriétaire des murs.  Par-delà le consensus sur «une place de centre-ville»,  la question  demeure des «bonnes proportions» d’une place centrale. Se référer à des exemples comparables (Suresnes, Chaville ou autre ?) permettra de déterminer les facteurs clés de succès.


L’accès au centre-ville est source d’un débat clivant entre la vision traditionnelle de l’automobile (stationnement gratuit et fluide, garant du lien entre cœur de ville et quartiers) et des approches alternatives en termes d’accès et de solutions de déplacement. Étendre le parking Saint Romain ne désarmera pas les critiques des tenants d’un stationnement libre et aisé en surface, son rôle et son coût restant à approfondir.  Des nostalgiques regrettent le remplacement de la station-service par un bâti urbain normal de cœur de ville active. Il faudra sans doute leur donner une réponse adaptée, en attendant la motorisation électrique généralisée et le covoiturage convivial.  
    
Sur les coûts, un heureux hasard rapproche le produit de la vente des parts de la SEMI à I3F des estimations globales,  rapprochement qui semble satisfaire la salle. Il reste à  expliquer aux citoyens la différence entre fonctionnement et investissement dans un budget municipal. Il faudra travailler pour distinguer la nature des espaces de ce nouveau centre-ville  (État, collectivité locale, privé), les besoins de financement et aboutir à un bilan d’opération.
 
Phasé sur plusieurs années,  le projet doit rester crédible sans être reporté à des horizons flous.  La réflexion nécessite de la conviction, les acteurs locaux, notamment privés, ont besoin d’assurance sur le devenir de leurs biens.  La collectivité doit affirmer sa volonté de mener à bien un projet pour l’avenir et les citoyens, notamment les jeunes, par-delà le tempo des échéances municipales.

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