Dans les coulisses du programme de Benoit Hamon

Un débat pour refonder l'Europe

 

Un grand merci à Guillaume Balas, député européen depuis 2014, et coordinateur du projet de Benoit Hamon d’avoir accepté de répondre à la demande d’Anne de venir débattre au Forum sévrien ; c’est surtout d’Europe dont nous avons parlé ensemble.

Si on veut aller vers une transition écologique, si on veut plus de démocratie, plus de justice sociale, l’Europe est incontournable. Et le « j’y ai cru mais je n’y crois plus » entendu aujourd’hui, ou le fait d’accepter des programmes avec comme perspective la sortie de la France de l’UE est dangereux pour une Europe qui risque bien alors d’exploser. Elle est menacée par les divergences économiques croissantes entre les états membres, la montée des autoritarismes, l’impact des revendications identitaires et culturelles. Devant ces menaces, l’immobilisme risque bien de nous conduire à l’explosion du projet européen.

 

Et pourtant, face à la montée en puissance des grands blocs territoriaux intercontinentaux, nous n’avons pas d’avenir hors de l’Europe. Mais pour répondre à ces enjeux, l’Europe doit évoluer et la France a des alliés pour ce-faire en Allemagne, dans les pays du nord et du sud de l’Europe, à condition de devenir force de proposition et de s’impliquer réellement dans les choix des politiques au niveau européen. Aujourd’hui la France est bien trop absente des espaces européens de concertation et de décision, en pratiquant trop souvent la politique de la chaise vide. Quelles propositions pour la France ?

 

1 Avancer vers une politique de défense et de sécurité commune, la France est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, elle a une capacité d’intervention extérieure et elle dispose de forces frappe aérienne, maritime et terrestre reconnues.

 

2 Promouvoir une politique énergétique commune, c’est la condition de notre indépendance vis à vis de la Russie et des pays du Golfe. C’est aussi un enjeu de la transition énergétique.

 

3 Promouvoir une politique d’investissement européenne, afin de financer les infrastructures, et des projets favorables aux énergies renouvelables, au numérique, à la santé, à l’éducation, parce que c’est la seule façon de surmonter les divergences économiques croissantes entre pays.

 

4 Promouvoir une politique sociale ambitieuse ; mais l’harmonisation sociale, la convergence sociale seront la résultante d’une politique d’investissement qui recrée de la solidarité économique.

 

5 Agir pour plus de démocratie en Europe, les citoyens européens n’acceptent plus l’opacité des décisions prises entre gouvernants au Conseil européen. C’est pourquoi, Benoit Hamon propose une assemblée parlementaire de la zone Euro, constituée de membres du Parlement européen et des parlements nationaux. Ceux-ci sont aujourd’hui beaucoup trop loin des décisions qui pourtant les concernent directement. Elle aurait à :

- voter le budget de la zone Euro,
- travailler sur l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés,
- créer les conditions d’une convergence sociale entre pays de la zone Euro,
- retravailler sur une mutualisation des dettes souveraines des Etats.

 

La rapide synthèse qui précède ne traduit bien évidemment pas la richesse du discours inaugural de Guillaume et les nombreuses interventions qui ont structuré ce débat. On peut espérer ou exiger que le PS ou ce qui en émergera dans les mois qui viennent se saisisse de ces questions au cœur de notre projet de société pour les retravailler ensemble.