Avis sur le SDRIF au conseil communautaire de GPSO le 7 février 2013

SDRIFLe Schéma Directeur de la Région Ile-de-France est un enjeu majeur pour l’avenir de notre région, qui est à la fois la plus riche de France et d’Europe et en même temps la plus inégalitaire. Les inégalités sociales, territoriales et environnementales y atteignent un niveau insupportable. Il revient donc aux politiques publiques de contrarier ces inégalités et c’est le fondement des politiques de discriminations positives souhaitées.

Ce projet de SDRIF arrêté le  25 octobre dernier par le Conseil régional d’Ile-de-France, donne les repères essentiels et ambitieux en matière d’emploi, d’habitat, de transports, de grands équipements pour une région solidaire. Il peut être ainsi un véritable point d’appui pour toutes celles et ceux qui veulent donner du souffle aux politiques publiques. Il demande des investissements publics majeurs.

Vous nous proposez, Monsieur le Président, d’émettre un avis défavorable sur le projet de SDRIF. Vos arguments n’ont qu’un but, celui de s’opposer à un juste rééquilibrage régional, à une plus grande mixité sociale et urbaine, objectifs affirmés du SDRIF, avec une action résolue en faveur des territoires Est et Nord de l’Ile de France, en emplois, en logements afin qu’ils rattrapent le dynamisme de l’Ouest Parisien.

 

Nous ne pouvons oublier les responsabilités de la droite et du gouvernement précédent qui ont tout fait pour bloquer les grands principes organisateurs du SDRIF 2008. Principes d’une toute autre nature que ceux préconisés par Christian Blanc s’inscrivant, sans la contester, dans une mondialisation libérale estimant que la question écologique et la question sociale allaient être résolues par les vertus d’une croissance mythifiée, sans en interroger ni les modalités, ni les finalités.

Compte tenu de ces observations, notre groupe se prononce contre la délibération que vous nous soumettez ce soir et se déclare favorable à ce projet de schéma directeur.

- Concernant les transports et la dimension structurante que constitue le réseau de Grand Paris Express, bien plus ambitieux que l’esquisse de rocade avec simplement deux arcs inscrits au SDRIF de 2008. Il intègre aujourd’hui de façon beaucoup plus ambitieuse cette relation entre transport et aménagement. Il y a nécessité que ce métro « circulaire » desserve bien les territoires et celui de GPSO pour permettre des désenclavements, et qu’un effort concomitant soit entrepris afin de moderniser et de développer le réseau métropolitain qui doit placer la mobilité des franciliens et le maillage, intra et inter-banlieue comme une priorité.

- Sur le logement : C’est la loi sur le Grand Paris voulue par le précédent gouvernement qui a imposé ce chiffre de 70 000 logements par an, sans aucune concertation avec les élus locaux. (2000/an pour GPSO), L’objectif de 30% de logements sociaux à échéances 2030, doit notamment concerner les villes situées en dessous des 25% de logements sociaux. Et nous parlons bien de vrais logements sociaux PLUS et PLAI. Répondre à cet objectif, c’est pour nous un devoir de solidarité à l’égard des habitants et des salariés de notre territoire.

Nous pensons qu’un Etablissement Public Foncier régional permettrait de lutter contre la spéculation et de renforcer les mécanismes de péréquation, mais sont posées également les questions des financements d’Etat pour le logement et de l’aide à la pierre.

 

- L’emploi : Nous vivons une crise de système profonde et durable. Nous connaissons bien, en Île-de-France, les caractères de cette crise : mise en concurrence systématique quand il faudrait de la coopération ; précarisation de l’emploi et insécurité sociale quand il faudrait de la qualité pour les salaires et pour l’emploi ; rentabilisation et marchandisation maximum des activités quand il faudrait encourager des réponses solidaires et durables, aux exigences écologiques.

Nous voulons réaffirmer la nécessité d’un nouveau modèle de développement, dans lequel la solidarité sera la valeur première, avec l’ambition d’un développement urbain durable, respectueux de l’environnement promouvant équilibre, mixité et cohésion territoriale.

Certains territoires sont particulièrement touchés par le chômage et voient une part élevée de leur population exclue du marché du travail.

Des déséquilibres historiques perdurent entre ces territoires fortement bénéficiaires de dynamisme économique, plutôt à l’Ouest, et d’autres plutôt au Nord et au Nord-Est qui sont dans une dynamique moindre. Le projet vise à stopper cette dégradation et à trouver la voie d’un développement économique ne laissant aucun territoire à l’écart. Le SDRIF veut déployer une vigoureuse politique de rééquilibrage spatial de développement à l’échelle régionale, notamment à l’Est.

 

A propos de la concertation : Ce projet a donné lieu à de nombreuses réunions avec les citoyens, les associations, les élus, les collectivités, il a permis d’esquisser de nouvelles pratiques démocratiques. Sa mise en œuvre demandera, elle aussi, des implications citoyennes de bien plus grande ampleur.

 

Déclaration B JASSERAND

Gauche GPSO

PCF-Front de Gauche