Intervention de Claire Papy au conseil communautaire sur le SDRIF

sdrifOn pouvait s'attendre à ce que cette assemblée de droite ne soit pas favorable au SDRIF. Un petit regard en arrière rappelle que le projet de SDRIF fut voté par le Conseil régional en février 2007 après une vraie concertation avec les diférents acteurs de la Région en 2006. Mais il a été contré par le président Sarkozy fraîchement élu. Dès juin 2007, il critiquait dans son discours de Roissy le manque d'ambition du SDRIF et confiait un peu plus tard la tâche de penser l'avenir de la région capitale à Christian Blanc d'une part, et au groupe des 10 architectes-urbanistes de l'Atelier international du Grand Paris. Le SDRIF fut adopté en septembre 2008 après une large consultation et l'avis favorable de l'enquête publique ; mais il a été mis au fond d'un tiroir par le Président Sarkozy qui ne l'a alors pas soumis au Conseil d'Etat.

 

C'est que ce SDRIF se proposait de relever trois défis

 

  1. favoriser l'égalité sociale et territoriale et améliorer la cohésion sociale : vers une région plus solidaire
  2. anticiper et répondre aux mutations ou crises majeures, liées notamment au changement climatique et aux renchérissement des énergies fossiles
  3. développer une Ile de France dynamique maintenant son rayonnement mondial.


Evidemment, la politique du président privilégiait ce 3° aspect. Ce clivage droite/gauche est aussi ancien que le débat sur l'aménagement du territoire pour la région Ile de France : les uns veulent renforcer la région capitale pour la rendre plus attractive dans la compétition mondiale, les autres sont plus sensibles aux inégalités et problèmes à l'intérieur de la région. Quant à la dimension écologique du projet , la Région n'avait pas attendu le Grenelle de l'Environnement pour la prendre en compte ; c'est que les Verts étaient actifs au sein du Conseil régional.

Ces priorités se retrouvent dans le nouveau projet de SDRIF (voir page 60/61) Deux autres défis ont été ajoutés : construire plus de logements, et en particulier des logements sociaux et relever le défi alimentaire en favorisant les circuits courts

 

La suite de l'histoire du SDRIF et des procédures en cours est relatée dans le texte qui présente la délibération . « Le CR a relancé en septembre 2011 la révision du SDRIF pourafin d'adapter le document de 2008 resté sans suite au nouveau contexte législatif issu des lois du Grenelle de l'Environnement et de la li du 3 juin2010 sur le Grand Paris »

 

Je ferai quelques observations sur le texte de la délibération

p.3 : vous exprimez vos inquiétudes sur la densification de la petite couronne. Mais le SDRIF prévoit des dérogations si le nombre de logements par ha dépasse 220

p.3 : Vous critiquez le rééquilibrage emplois/logements. Je suis tout à fait d'accord pour ce rééquilibrage, de même que pour la création d'une autorité organisatrice du logement à l'échelle régionale : au delà des intérêts particuliers et des possibilités des territoires, il faut une entité garante de l'intérêt général qui œuvre dans le sens d'un plus grand équilibre.

p 5 : je comprends votre déception de ne pas voir GPSO figurer en tant que tel dans les TIM (Territoires d'intérêt métropolitain), et le manque de reconnaissance pour notre CDT. En lisant les Propositions pour la mise en œuvre (p 60), j'ai vu que la géographie stratégique du SDRIF était « d'accompagner les dynamiques de projets portées par les coopérations teritoriales ». Celà n'est pas le cas pour GPSO qui ne coopère pas vraiment avec ses voisins du Val de Seine jusqu'à la Défense, sans parler de Paris, ni à l'intérieur de notre agglo : les décisions du CDT ont été prises au sein du bureau sans guère en informer les élus ni la population.

En bas de la p.5, vous dites que la Seine n'est pas nommée à propos de notre territoire. Vous oubliez que les pages  46 et 47 des Orientations réglementaires lui sont consacrées : la politique régionale concernant la Seine et la gouvernance de l'eau ne saurait être tronçonnée en de multiples secteurs (c'est le pourquoi de la charte de l'eau que nous venons de voter, et du contrat de bassin qui doit suivre)

p.6 , à propos des transports : même absence de vue de l'ensemble de la région qui peut avoir, en cette période de restrictions budgétaires, d'autres priorités que notre territoire qui n'est pas des plus défavorisés.

Vous allez me dire qu'il est de votre devoir de défendre votre territoire, mais pour moi, ce n'est pas une raison pour voter un avis défavorable sur ce projet de SDRIF.